L'article arrive sur le tard mais cet été, j'ai potassé pour mettre en place des ateliers de manipulation individuels type Montessori. Comme je fonctionne assez souvent en PMEV cf l'excellent site matern'ailes.net , je voulais que ce moment ne ressemble pas aux autres car la manipulation a déjà une place importante dans la vie de la classe.

C'est là qu'intervient le quand, quoi, où comment? Cela permet en général d'y voir plus clair.

Quoi?

Mes sources ont été la BSD banque de séquence didactique  et Fofy à l'école qui ont déjà fait un superbe travail de catégorisation que je ne referai pas ici. Ce sont précisément ces sites et la qualité du travail éffectué qui m'ont permis de me lancer. Dans un premier temps,  il faut commencer par faire un inventaire de ce que vous avez dans vos classe et de ce que vous pouvez fabriquer à moindre coût. Ensuite, le catégoriser pour pouvoir le ranger à la bonne place.

J'ai d'abord profité cet été du déménagement complet de ma classe (elle a été repeinte) pour retrier mes jeux en suivant plus ou moins les catégories de Montessori. Vous savez, ce jeux que vous avez en un seul exemplaire, qui ne peut donc suffire à combler un atelier et que tout le monde s'arrache à l'accueil. Du coup, j'ai mis tout ces jeux de côté, et j'en ai trouvé vraiment pas mal.

Où?

Dans des coins bien définis. Pour chaque catégorie de jeux, il y a un coin, une étagère dédiée ex: entraîner sa main et jeux de prélecture sont dans le même coin (tout ce qui correspond à se préparer à apprendre à lire et à écrire). Dans un autre placard dont je laisse la porte ouverte, il y a les jeux sensoriels et de volumes dans l'espace ainsi que quelques petits jeux de numération. Enfin, une dernière étagère présente les jeux de formes et grandeurs. J'avoue qu'il s'en cache d'autres car le tri dans une classe n'est jamais une affaire très simple mais on s'y retrouve. Je sais qu'on peut mettre des photos ou un code couleur à l'emplacement de chaque jeu. Je ne l'ai pas fait car j'en suis encore au stade expérimental, il y aura donc des ajustements à faire.

Le principe de base c'est le plateau individuel. Quelque soit sa présentation, un plateau/ un enfant et un emplacement. L'enfant devra reposer le plateau là où il l'a pris. Pour les jeux orphelins de plateau, j'utilise les barquettes de cantine que tout le monde connaît et qui restent une valeur sûre.

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Quand?

En début d'année, comme les élèves ne sont pas forcément habitués, il y a LE moment des ateliers de manipulation individuels. Comme mon école fait 13h30 15h30 l'après midi et que j'ai des GS et des MS. Je consacre le début d'après midi à des activités spécifiques aux GS pendant le repos des moyens et dès l'arrivée des premiers moyens, le temps des ateliers individuels est ouvert. Ceci permet vraiment un déroulement de l'après midi tout en douceur pendant lequel j'ai le temps de circuler pour voir comment chacun s'en sort. Le début d'année est compliqué car de nombreux jeux restent encore inconnus. Le temps de tous les présenter, au début, je laisse les enfants jouer sans consigne. Comme certaines sont clairement inscrites dans le dispositif, il est rare que les enfants fassent n'importe quoi. Au départ, j'insiste sur le calme qui doit régner dans la classe à ce moment là et sur l'utilisation des barquettes. Tout ceci demande déjà pas mal de temps. Une fois que les jeux sont bien connus, cela devient un vrai plaisir et on se rend compte que c'est une vrai ruche qui se met en place.

Quelles traces?

Après avoir mis en place dans ma classe les brevets initiés par Christine Lemoine des matern'ailes cf lien en haut de la page. J'avais trouvé ce qui me convenait le mieux pour que les élèves deviennent vraiment autonomes avec leurs brevets: un petit cahier de brevets cf la photo pour pouvoir les utiliser à n'importe quel moment. Ainsi, chaque élève a son cahier dans le casier (un cahier format italienne grand format coupé en trois dans le sens horizontal), il y a toujours un pot de feutres verts pour cocher les brevets à disposition.

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Bien sûr, j'ai trouvé des brevets pour certains ateliers mais ce qui m'embêtait c'est que les brevets que j'utilise dans ma classe sont des ateliers que je peux utiliser à 6 ou 8 élèves, du coup, j'avais opté pour d'autres jeux sur le temps des ateliers de manipulation individuels.

Je me suis longtemps demandée: comment laisser une trace de tout ce travail effectué??????? Sur le site de la BSD, on voit l'enseignante prendre en photo les productions de ses élèves et leur faire coller dans un cahier. Là, je me suis dit:"Au secouuuuuuuuuuurs". Et oui! Bien que passionnée de pédagogie, j'ai mes limites: une vie, d'autres zenfants qui m'attendent le soir et qui n'ont pas demandé à voir leur mère découper 27x3 photos préalablement imprimées etc....tous les jours. 

Du coup, à la façon d'un brevet simplifié ou d'une mini fiche de réussite, j'ai fabriqué une vignette pour chaque atelier individuel. Cela ne met pas en valeur une progression comme sur les brevets mais constitue plutôt l'étape finale d'une manipulation. Ce n'est peut être pas ce qu'il y a de plus exhaustif mais cela permet à chaque enfant de garder une mémoire de ce qu'il a fait, cela me permet également d'orienter les élèves vers des ateliers qui n'ont pas encore été réalisés (une fois le plaisir de la répétition assouvi, il me semble que notre rôle est d'ouvrir les perspectives pour faire avancer chacun vers de nouvelles découvertes).

Comment?

Vous en savez déjà pas mal maintenant. Voici les derniers détails techniques.

Mon cahier de Brevets et de réussites s'est retourné pour devenir en plus un cahier d'ateliers individuels!

Dès qu'un atelier est terminé et validé par un adulte. L'élève le range et va coller sa vignette.

Des barquettes par domaines d'activité avec les vignettes à l'intérieur.

Des feutres verts.

De la colle.

Tout reste à disposition sur la même table. C'est l'endroit où l'on vient valider sa réussite, c'est à côté des casiers pour faciliter le rangement.

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Je l'ai testé pendant 4 mois et j'en suis ravie, mes élèves aussi.Je rajoute des ateliers au fur et à mesure de l'année, le père Noël a aussi pensé à nous.

Maintenant que les enfants sont habitués, ils utilisent aussi les ateliers individuels à l'accueil et lorsqu'un travail est terminé. Lorsque je fonctionne en ateliers avec inscriptions libres (cf matern'ailes), en plus des coins jeux, il y a aussi les ateliers individuels....et le calme et la concentration s'invitent dans la classe!

Le bilan est très positif. Chaque élève se révèle bien plus actif qu'en ateliers classiques. J'ai enfin l'impression d'exploiter au maximum le matériel que j'ai dans ma classe. Chacun va à son rythme et c'est vrai que cela est très intéressant de voir vers quoi se dirige chaque enfant. Mon besoin de contrôle a été compensé par mes petites vignettes, du coup, je suis comblée.

Quelques précisions. Après avoir potassé un peu MOntessori, je ne me revendique pas comme étant pure et dure. Je pense qu'il y a énormément de choses positives à en tirer, cependant, d'autres courants pédagogiques issus des méthodes actives m'isnpirent. Je me suis retrouvée face à des enfants qui souhaitaient faire un atelier qui le permettait à deux. Comme les socio-constructivistes le disent, c'est aussi entre pairs qu'il se passe des discussions, divergences, confrontations, immitations qui font évoluer les choses et peuvent favoriser des conflits socio-cognitifs. Dans ce cas, j'accepte à condition que le calme soit respecté et qu'ils chuchottent.